Le pari du placement transfrontalier

Publié par PoleEmploiLorraine le 07/01/2014 dans

Jean Niel et Heidrun Schulz ont inauguré le bureau à Sarreguemines
Historiquement partenaires, Pôle emploi Lorraine et la Bundesagentur für Arbeit de Sarre ont renforcé davantage leur travail commun en inaugurant à Sarreguemines et à Sarrebrück un bureau de placement transfrontalier, premier du genre en Lorraine, gage de l’intérêt porté aux demandeurs d’emploi et aux employeurs de chaque côté de la frontière.
Avec ce service transfrontalier, les deux régions entendent répondre au mieux aux attentes des demandeurs d’emploi, mais aussi des entreprises, en manque de main-d’œuvre du côté sarrois et dans une moindre mesure en Rhénanie-Palatinat. « C’est un enjeu majeur de traiter le problème des deux côtés de la frontière, rappelait Jean Niel, directeur régional de Pôle emploi Lorraine lors de cette inauguration, car il existe un flux de main d’œuvre de part et d’autre, avec également de plus en plus d’Allemands qui vivent en France. La situation est celle de la demande et des attentes des entreprises allemandes, surtout dans l’industrie, d’une main-d’œuvre qualifiée. La création de ce bureau, qui reste synchronisé avec les autres agences, est une solution pour favoriser les flux professionnels entre nos deux pays ».
De manière pratique, une équipe de huit conseillers bilingues compose ce service de placement, dans les deux bureaux de Sarrebrück et de Sarreguemines. Leurs actions les mèneront sur les routes du territoire transfrontalier, jusqu'à Forbach, Saint-Avold et en Rhénanie-Palatinat. « 18 000 personnes quittent chaque jour la Lorraine pour se rendre en Sarre, et 1 000 partent de Lorraine et d’Alsace vers la Rhénanie-Palatinat, précise Heidrun Schulz, directrice régionale de la Bundesagentur für Arbeit. Avec ce service, nous tenons à initier un véritable échange transfrontalier, puisque les conseillers français et allemands des deux bureaux peuvent désormais utiliser les deux systèmes informatiques, français et allemand, destinés à la recherche d’emploi et à la prise de poste dans le pays voisin ». L’accompagnement ne s’arrêtera pas aux portes des villes de Sarreguemines et Sarrebrück. Les conseillers tiendront des permanences à Bitche, Sarrelouis, Forbach, Saint-Avold, dans les agences de Pôle emploi. « Ce service intéresse déjà les autres villes. Trèves par exemple, nous a déjà fait la même demande».
« Aujourd’hui, la conjoncture veut que les offres soient essentiellement  situées en Allemagne alors que la demande se situe plutôt en France, annonce Jürgen Becker, directeur de l’agence de Sarreguemines. Les conseillers ont un certain nombre de prérequis à évaluer pour orienter un demandeur d’emploi vers un poste. La maîtrise de la langue est évidemment un point essentiel, mais les niveaux varient suivant le poste et le métier. Un logiciel nous permet d’évaluer le niveau des candidats. Pôle emploi peut proposer des formations en allemand, des adaptations spécifiques au poste. Notre rôle est de mettre en adéquation le poste, donc la demande de l’entreprise, au profil du candidat le plus à même d’occuper ce poste ».
Esra Camur est directrice des Ressources Humaines chez HCE, en Allemagne : « Nous recrutons 40 % de Français car les Allemands n’ont pas toujours une bonne image des métiers de production payés au Smic ». C’est le cas de Claude, embauché depuis cinq mois dans l’entreprise. À 61 ans, il a accepté un contrat allemand en faisant des concessions sur son salaire. « J’ai un certain âge, et à mon âge, on ne trouve plus d’emploi ». Dominique Tousch, l’un des huit conseillers témoigne : « Pour la plupart, les métiers recherchés sont qualifiés, dans l’industrie, comme mécatroniqueur par exemple, dans les métiers du bâtiment et de la vente principalement. »
28 000 Lorrains ont déclaré vouloir travailler à l’étranger. Pour le bonheur des entreprises allemandes !