C2I en Meuse, une nouvelle dynamique de recrutement

Publié par PoleEmploiLorraine le 09/07/2014 dans

Leader français en aéronautique, Safran s’est associé à Albany, spécialiste américain du tissage industriel, pour créer à Commercy une unité de production industrielle. Un challenge pour le territoire et pour Pôle emploi Meuse, qui a créé une cellule de recrutement pour des actions sur-mesure.
Baptisée Safran Aéro Composite, cette usine fabriquera des pièces en matériau composite (carters et pales) pour les moteurs nouvelle génération des avions d’Airbus, de Boeing et de Comac (Commercial aircraft corporation of China). « Le lancement de la chaîne de production est prévu en 2015, avec, a minima, le recrutement de 400 personnes d’ici 2018, indique Florent Fiorini, directeur territorial de Pôle emploi Meuse. En septembre 2012, nous avons créé une cellule de recrutement Safran-Albany, que nous coordonnons et animons. Notre objectif est de trouver des personnes correspondant aux besoins grâce au sourcing. Nous utilisons tous les canaux de Pôle emploi et des relais, dont les missions locales, pour trouver des candidats adéquats. » Ces candidats sont ensuite pré-qualifiés grâce à un questionnaire professionnel élaboré avec Safran et Albany. « Ils doivent être compétents techniquement, titulaires d’un Bac ou d’un Bac +2. » Côté Albany, ce sont des pilotes de ligne de production automatisée qui sont recherchés. Côté Safran, il s’agit plutôt de peintres industriels, de sableurs et d’assembleurs.
« L’aspect comportemental est aussi très important puisque ces salariés vont être des pionniers, destinés à tutorer ceux qui arriveront ensuite. Sans compter qu’ils doivent maîtriser l’anglais, puisqu’ils sont susceptibles de partir aux États-Unis pour compléter leur formation », explique le directeur territorial. Les candidats s’entretiennent ainsi avec des psychologues puis, s’ils sont retenus, rencontrent les directeurs des ressources humaines. « Avant d’être embauchés, ils suivent une formation de deux mois sur l’aéro composite, financée par le Conseil régional de Lorraine. »
Pour Safran Aéro Composite, 30 personnes ont été embauchées au 1er janvier 2014. 23 autres vont l’être au 31 octobre. Huit apprentis sont en cours de recrutement. « Nous travaillons en lien avec le CFAI de Maxéville, qui a une antenne à Bar-le-Duc, pour rechercher des apprentis. 61 personnes vont être embauchées cette année. 50 en 2015. Puis 100 chaque année jusqu’en 2018. C’est pourquoi nous allons utiliser une nouveau process de recrutement. »
Pôle emploi intervient aussi en amont, en partenariat avec l’UIMM, le Conseil régional et le Conseil général de la Meuse, pour adapter les profils aux postes grâce à des formations techniques et en anticipant les besoins en recrutement. « C’est un vrai enjeu de territoire, assure Florent Fiorini. En Meuse, 70 % des demandeurs d’emploi ont un niveau inférieur au Bac. Nous travaillons par anticipation pour 2015, 2016, en dispensant des formations qualifiantes longue durée pour amener des personnes du niveau CAP au Bac. Nous allons former 24 personnes en deux sessions, en juillet et en septembre. »
Parce qu’elle endosse désormais le rôle de promoteur des métiers de l’industrie via des forums ou des actions sectorielles, la cellule s’est rebaptisée C2I, soit Commercy implantations industrielles. Une nouvelle dynamique, qui va au-delà du recrutement. « D’autres entreprises industrielles, comme Concordia, vont s’implanter à Commercy. Nous allons leur présenter des candidats non retenus pour Safran et Albany, mais dont les compétences pourraient correspondre », explique le directeur territorial. Soulignant que la cellule va chercher à réduire les écarts entre les publics et les besoins. Le Conseil régional de Lorraine s’est associé à Safran et Albany pour créer un centre de compétences aéro composite, au financement mixte. Implanté dans le lycée Henri-Vogt de Commercy, ce centre de formation, mis en place le 1er janvier 2015, proposera une formation de trois mois dans l’aéro composite, destinée à 1/3 aux jeunes issus de formation initiale et à 2/3 aux demandeurs d’emploi. Un bon vivier pour les entreprises. « Nous allons utiliser la méthode de recrutement par simulation (qui recrée les conditions du poste de travail) pour trouver des candidats à ce centre », conclut Florent Fiorini qui entend élargir les recherches à la Lorraine, mais aussi à la Haute-Marne.